KILIAAN, Cornelis. Dictionarium Teutonico-Latinum. Anvers, Christophe Plantin, 1588. Petit in-8, reliure postérieure du XIXe siècle en demi-cuir, titres et motifs décoratifs dorés sur le dos, (1)-765-(3) pp.; excellent exemplaire avec de légères usures aux coins, ex-libris manuscrit sur la page de titre à côté du symbole typographique de l’éditeur.
Rare exemplaire de la seconde édition, largement enrichie et augmentée, du Dictionarium de Kiliaan de 1574, dans laquelle il approfondit ses comparaisons étymologiques. Son souci scientifique de fournir une description aussi complète que possible du néerlandais se manifeste dans cette deuxième édition par l’usage non seulement de dictionnaires comme sources, mais aussi d’œuvres publiées de genres variés. Une autre innovation réside dans l’indication régionale pour de nombreuses entrées, par exemple fland., holl., fris., et sic., que Kiliaan explique dans son introduction ainsi: “Flandris, Hollandis, Frisiis, Sicambris (Gheldris nempe, Cliuiis & Iuliacis) … visitatissimas”. À la fin du volume, on trouve l’Appendix peregrinarum, absurdarum, adulterinarumque dictionum, une sorte de “liste noire” linguistique de mots étrangers et corrompus. Cornelis Kiliaan (ca.1530–1607) travailla plusieurs années comme correcteur à l’Officina Plantiniana avant que Plantin décide de publier un dictionnaire et invite Kiliaan à collaborer. Dès lors, les dictionnaires devinrent l’œuvre de sa vie et aujourd’hui Kiliaan est considéré comme le père de la lexicographie néerlandaise moderne. Exemplaire ayant appartenu à Hugo Verriest, avec son ex-libris manuscrit sur la page de titre et une petite note manuscrite collée, indiquant les détails de son acquisition. Le prêtre et écrivain flamand Hugo Verriest (1840–1922) fut une figure intellectuelle majeure du mouvement étudiant catholique flamingant au XIXe siècle, opposé à la prédominance du français dans l’enseignement. À partir des années 1890, il s’imposa comme un démocrate chrétien engagé socialement et devint une figure unificatrice unique, appréciée des catholiques comme des socialistes, libéraux et libres penseurs. Rare exemplaire avec une provenance exceptionnelle, témoignant de l’émancipation de la langue néerlandaise en Flandre au fil des siècles.









